• Post 02/03/2018 - 10:00

SAVOIR FAIRE: LA MAIOLICA

Aimer l’artisanat c’est aussi s’intéresser aux techniques et savoir-faire qui donnent naissance à ces objets uniques et chargés d’histoire. Et c’est tout cela que nous voulons vous raconter dans nos articles de la série Savoir faire. 


Et pour entamer cette thématique, nous voilà parties en Ombrie, terre du centre de l’Italie où les traditions artisanales sont nombreuses et où la Majolique (Maiolica en italien) est grandement présente. Mais qu’est-ce que la Majolique nous direz-vous ? Et bien, partons à la découverte de cette tradition ancienne témoin de la précision et de la sûreté de la main du potier.


LA BOTTEGA DEL VASAIO


La céramique Majolique désignait à l’origine les faïences hispano-mauresques fabriquées pour l’Italie et exportées depuis Majorque. À l’origine dédiées à l’art de la table, ces pièces de plus en plus travaillées suscitent l’admiration et se hissent au rang d’art à part entière.



La majolique italienne démarre à Florence et à Faenza au XVe siècle. Elle atteint son apogée au début du XVIe siècle et s’exporte aux villes voisines de l'Italie du Nord : Forli, Ravenne, Pesaro, Sienne... La céramique italienne la plus connue est celle peinte sur émail opaque à base d'étain. Elle est décorée suivant le procédé dit "au grand feu sur émail cru". Après une première cuisson, les pièces sont plongées dans un bain d'émail stannifère. Elle est ensuite peinte à la main, une prouesse que l’artiste doit exercer avec précision et sûreté. Il n’y a pas de place à l’erreur. Une fois le décor peint, une glaçure de finition translucide à base de plomb - la coperta - permet de rehausser les nuances et d’apporter un brillant uniforme. Une deuxième et dernière cuisson aux alentours des 1000°C fige enfin les décors sur produit.


LA BOTTEGA DEL VASAIO


Cette technique laisse une grande part à l’imprévu. Durant la deuxième cuisson, les couleurs pénètrent l’émail en fusion et donnent aux couleurs leur éclat définitif. Le rendu final est donc toujours une surprise.


À travers cette technique, la surface de la céramique devient une véritable oeuvre d’art, exceptionnelle par ses détails ou sa valeur narrative. Elle n’a rien à envier à la peinture et puise les mêmes inspirations : scènes religieuses, littérature antique, représentations héraldiques ou portraits. Ces sujets de prédilections sont mis en scène sur des vases, assiettes ou tasses et confèrent à ces objets du quotidien une dimension artistique.


A DERUTA MAIOLICA TWO-HANDLED VASE

©Christie's


Aujourd'hui, cette dénomination s’applique à toute céramique couverte d'émail stannifère sans distinction de lieu, d'époque, ou de style. De talentueux artisans continuent à exercer ce geste minutieux du pinceau sur la terre. Notamment Maria Rita qui poursuit la tradition après avoir été initiée par son père. Depuis plus de 35 ans, elle nourrit son travail de son amour des couleurs, des formes et de son territoire, l'Ombrie. Ses décors minutieux sont à la fois modernes et traditionnels, mais le processus de création reste inchangé et la prouesse remarquable. Ce sont toujours des heures de patience et de précision qui se cachent derrière ses oeuvres aux mille détails. Découvrez ses créations uniques sur sa boutique.


LA BOTTEGA DEL VASAIO


Sources

onditmedievalpasmoyenageux.fr

patrimoine-histoire.fr

ogabathuler.free.fr
universalis.fr

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